Mille ans d'histoire sans une bombe.
Prague a la chance d'avoir traversé le XXe siècle presque intacte : ni les guerres ni les décennies de régime communiste n'ont abîmé son centre, et on y lit mille ans d'architecture d'un seul regard. Capitale du royaume de Bohême, elle a été au XIVe siècle, sous Charles IV, la capitale du Saint-Empire : c'est à lui qu'on doit le pont Charles, la cathédrale Saint-Guy et l'université, la plus ancienne d'Europe centrale. Plus tard, la Prague de Kafka, de Mucha et de la Révolution de velours de 1989 a fait d'elle une ville de culture et de liberté retrouvée.
Ce qui la rend formidable, c'est la superposition : le château qui domine tout, l'horloge astronomique de la vieille ville, les façades Art nouveau, le quartier juif, et le soir, les bières servies dans des caves voûtées pour trois fois rien. Une ville qui se visite à pied, du matin au soir, sans jamais se lasser.
Quatre jours sur place, et une ville magnifique. Une architecture grandiose, tous les styles empilés dans la même rue, et de la couleur partout. En plein mois de novembre, avec la neige, les marchés de Noël et la nourriture qui va avec, c'était magique. Et je ne parle même pas de l'art et de tout ce que ces gens ont traversé. Leur drapeau raconte la même histoire : le blanc et le rouge de la Bohême, et le triangle bleu ajouté en 1920 pour la Slovaquie — quand les deux pays se sont séparés en 1993, les Tchèques l'ont gardé.